Le bourg de Plazac

Par Alain GALINAT et Marcel SECONDAT


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Une des plus belles rivière de France, la Dordogne, traverse le département éponyme en déroulant ses « cingles » dans une plaine fertile d'où s'étendent des champs de céréales, des prairies, des plantations de noyers, pour former un confluent avec la Vézère à Limeuil.

 

La Vézère, rivière colorée qui traverse le berceau de la Préhistoire, est bordée de falaises calcaires, d'habitats troglodytiques, comme en témoigne le site de La Roque Saint-Christophe. Au croisement du village du Moustier se jette un ruisseau, le Vimont, point de départ d'un magnifique vallon aux coteaux verdoyants où l'élevage et la culture sont le témoignage d'une activité agricole ; surplombé par les châteaux de Chabans et du Peuch, ce ruisseau fut utilisé à des fins économiques, comme en témoignent les nombreux moulins qui ,avec leur bief, ont fait vivre et se développer le village de PLAZAC, identifié comme étant "Le trésor caché du Périgord Noir".

 

Par son exposition à flan de coteaux, abrité des vents du nord, exposé en plein soleil, PLAZAC est un village au passé riche .

Au hasard de vos randonnées vous y découvrirez un patrimoine riche et diversifié : son ensemble Épiscopal, ses maisons, ses lavoirs, fontaines et pigeonniers.

Le village laisse s'écouler en pente douce la perspective de ses toits roses, dominé par son église romane étroitement soudée à son clocher qui veille sur un vieux cimetière aux allures de nécropoles méridionales.

 

A deux kilomètres, à la sortie du bourg vers Rouffignac, vous remarquerez sur la droite un modeste château "demeure des Maîtres de Forge" ainsi que les restes de la forge de PLAZAC, créée vers 1645, qui coulait des canons pour la Marine Royale.

 

Enfin, offrez-vous un détour par les coteaux, vous serez conquit par le charme des hameaux que nos aïeux ont su intégrer dans les points forts des paysages donnant sur les terres qu'ils travaillaient.

              

Géographie

À l'est du département de la Dordogne, la commune de PLAZAC est arrosée par un petit affluent de la Vézère, le Vimont, qui traverse le territoire communal du nord au sud.

L'altitude minimale, 82 mètres, se trouve au sud, à côté du château du Peuch, là où le Vimont quitte la commune pour entrer sur celle de FLEURAC. L'altitude maximale avec 289 mètres est localisée à l'ouest, en limite de la commune de ROUFFIGNAC SAINT-CERNIN DE REILHAC.

 

En rive gauche du Vimont et traversé par la route départementale 6, le bourg de PLAZAC se situe, en distances orthodromiques, dix kilomètres à l'ouest-sud-ouest de Montignac et douze kilomètres au sud-sud-ouest de THENON.

 

La commune est également desservie au sud-est par la route départementale 45. Au nord, le territoire communal est traversé ou bordé sur environ dix kilomètres par le sentier de grande randonnée GR 36.

 

Histoire

LES ORIGINES : 

Le bourg de PLAZAC a été fondé, au Moyen Age, autour d'une église romane et d'un château-fort.

L'église, du 12ème siècle, est citée, pour la première fois, en 1169.

Le pape Urbain III, en 1187, prit sous sa protection l'église de PLAZAC, comprise dans les domaines appartenant à l'évêque de Périgueux. Ce sont les évêques de Périgueux qui ont construit le château-fort pour protéger l'église et la population. L'évêque de  Périgueux, Hélie Servient, mourut à Plazac le 12 mars 1387.
LA GUERRE DE CENT ANS : 
Pendant le règne de Charles VI et la Guerre de Cent Ans, le comte du Périgord, qui possédait le château de Montignac, et qui était du parti anglais, vint avec ses troupes, en novembre 1397, assiéger l'évêque de Périgueux, Pierre de Durfort, dans son château de PLAZAC. Il ne put s'en emparer, mais ses soldats pénétrèrent dans une cour, pillèrent et emportèrent des blés, des vins, des meubles, des joyaux, pendirent un homme et en blessèrent plusieurs puis, en se retirant, mirent le feu aux bâtiments ; Une partie de l'église et du château furent démolis. Au milieu du 15ème siècle, l'église fut reconstruite et agrandie, et, en 1455, les députés des États du Périgord se réunirent dans l'église de PLAZAC. En 1468, Jean de Calvimont est notaire à Plazac. Ce sont ces Calvimont qui, partis de leur maison noble à pigeonnier (ancienne poste), vont devenir seigneurs de l'Herm, vers la fin du 15ème siècle, et bâtir le château de l'Herm, commune de Rouffignac.
LES GUERRES DE RELIGION : 
Au 16ème siècle, il y avait, dans ce qui restait du château de l'évêque, une prison pour les femmes, dans une petite tour carrée ; une prison avec guichet à la porte ; au-dessus, une oubliette ; plus haut une chapelle, dans une tour d'angle. En 1560, François Douhac, seigneur du château de la Vergne, était capitaine de PLAZAC, garde du château et des prisons, sous la main du roi. Pendant les guerres de religion, Montignac et son château appartenaient à Henri de Navarre, comte du Périgord futur Henri IV, et la Roque Saint-Christophe, au Moustier, était occupée par les protestants. Le duc de Mayenne, chef des ligueurs, vint avec son armée faire le siège de Montignac. Le 27 janvier 1586, il vint à PLAZAC, et ses soldats occupèrent le château de l'évêque, réparé au 15ème siècle, son puissant donjon et son église fortifiée. Mayenne s'empara de Montignac et repartit ; mais les Ligueurs occupèrent PLAZAC jusqu'en 1591, d'où ils furent chassés par les soldats du duc de La Force.
AU XVIIe SIÈCLE, LA FRONDE :
Au début du règne de Louis XIV, les frondeurs, partisans du Prince de Condé, révoltés contre Mazarin, occupèrent Périgueux. Le 16 avril 1652, une troupe de frondeurs, de cavalerie et d'infanterie, environ 1500 hommes, venant de Périgueux, attaque PLAZAC barricadé. Les habitants, réfugiés dans l'église et le château, résistèrent et ne se rendirent pas. Les frondeurs pillèrent le bourg, brûlèrent douze maisons et, en se retirant, tuèrent trois hommes et en blessèrent plusieurs à coups de mousquets. C'est au cours de ce 17ème siècle que le donjon du 12ème siècle fut transformé en clocher, eT couronné d'un lanternon imposant, couvert de lauzes. La grosse cloche fut fondue, le 17 mai 1657, à six heures du soir, dans le bourg de Plazac, par le sieur Jean Boyer. Dédiée à Saint-Martin, elle eut pour parrain Cyrus Villers-Lafaye, évêque de Périgueux, et pour marraine dame Suzanne des Serpens, comtesse d'Auberoche. Elle pèse 1300 kg et son diamètre est de 1m20.
DÉBUT DE LA RÉVOLUTION : 
Le 8 mars 1789, convoqués au son de la grosse cloche, les habitants de la paroisse de PLAZAC, âgés de plus de 25 ans, se sont rassemblés dans l'église, pour rédiger leur cahier de doléances et choisir trois députés, chargés de porter ce cahier à l'Assemblée qui s'est tenue à Périgueux, le 11 mars, pour élire les députés aux États Généraux du Royaume. La Paroisse de PLAZAC comptait alors 250 feux. Dans la nuit du 29 au 30 juillet 1789, Plazac, comme toute notre région, fut secoué par la Grande Peur. Le tocsin sonna, vers 4 heures du matin, les habitants arrivèrent dans le bourg avec toutes sortes d'armes. Des fuyards passèrent racontant que les brigands, les anglais, ou les espagnols arrivaient, égorgeant tout sur leur passage ; mais personne n'avait vu les brigands. Ils se séparèrent le soir, disant que chacun devait se tenir sur ses gardes. Aux derniers jours du mois de janvier 1790, eut lieu, dans tout le Périgord, la guerre des girouettes et des bancs de l'église. Le vendredi 28, les habitants de PLAZAC sortirent les bancs de l'église, enlevèrent leurs girouettes, coupèrent un grand arbre et creusèrent un fossé dans la place. Alors arrivèrent les gens de Saint-Léon, qui les aidèrent à planter leur mai, ils burent, mangèrent et repartirent satisfaits. Pendant la révolution, PLAZAC fit partie du canton de Rouffignac. Toutes les fois qu'il y eut des Assemblées primaires pour élire les Juges de Paix ou les citoyens chargés d'élire les députés à la législative, à la convention, les électeurs des communes de Plazac, Fleurac, Le Moustier et Peyzac, se réunirent dans l'église de Plazac.

L'INSURRECTION DE 1795 : 
Le curé Joffre s'était retiré dans sa famille à Nailhac ; La cérémonie du Décadi se faisait tous les dix jours dans l'église. Une partie du presbytère, ancien château de l'évêque, était devenue la Maison commune où se réunissaient les officiers municipaux et les notables. L'autre partie servait d'école et de logement de l'instituteur. Au mois de mai 1795 (floréal An III), une grave insurrection de femmes éclata à PLAZAC. On leur avait dit qu'elles devaient occuper pendant trois jours l'église, le cimetière, le presbytère, pour éviter leur vente. Les femmes montèrent chaque jour au clocher et sonnèrent le tocsin ; elles chassèrent les officiers municipaux de la maison commune ; l'agent national, un administrateur du district de Montignac, le lieutenant de gendarmerie et les gendarmes furent accueillis à coups de pierres et le lieutenant blessé. L'émeute dura 5 jours, du 17 au 21 floréal (du 6 au 10 mai 1795). Le 21 floréal, un administrateur du district de Montignac avec une force armée commandée par le général Brédat, est arrivée à PLAZAC. Il n'a pu arrêter que sept femmes et un homme. Trois femmes sont passées en jugement à Périgueux, devant le Tribunal criminel, le 16 messidor An III (4 juillet 1795), qui les a acquittées.
L'ÉPOQUE CONTEMPORAINE : 

Pendant la Deuxième République de 1848 un Comité s'était formé à PLAZAC, dirigé par Dulac, propriétaire à Chabans, qui sera député de la Dordogne, contre le prince-Président, futur Napoléon III. On vit, le 17 décembre 1851, le notaire Roger de Rouffignac arrêté, traverser le bourg entre deux gendarmes, conduit à pied à Sarlat, à la suite du coup d'état du 2 décembre. En 1870, après le 4 septembre, M. Dupont, vétérinaire, fut nommé maire de Plazac. Un arbre de la Liberté fut planté sur la place de l'église, mais il fut coupé pendant la nuit ; replanté, on le recoupa. On prétendit que PLAZAC était mis à feu et à sang ; une compagnie de soldats vint de Périgueux et campa dans les prés. Il n'y avait aucun désordre et les soldats repartirent après avoir été bien reçus par la population. La guerre de 1914-1918 fit perdre à Plazac 56 de ses enfants. Celle de 1940-1945 causa les souffrances de beaucoup de prisonniers, et les habitants de PLAZAC, qui virent passer deux fois les troupes allemandes, pendant l'occupation, participèrent à la résistance.
 

Environnement

À l'extrême limite sud-est du territoire communal, la Côte de Jor, coteau calcaire ensoleillé en rive droite de la Vézère, est un site protégé pour sa flore aussi bien en tant que zone Natura 2000 que comme zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type I .

 

Jumelage

BOOTZHEIM (France) (Bas-Rhin)

En 1939, des habitants du village alsacien de BOOTZHEIM ont trouvé refuge à PLAZAC.

Depuis le 24 août2002, ce village est officiellement jumelé avec notre commune.

 

Rattachements administratifs

La commune de PLAZAC a, dès 1790, été rattachée au canton de ROUFFIGNAC qui dépendait du district de MONTIGNAC.

En 1800, le canton de ROUFFIGNAC est supprimé et la commune est rattachée au canton de MONTIGNAC, dépendant de l'arrondissement de SARLAT, renommé en arrondissement de SARLAT-LA-CANÉDA  en 1965.

En 2002, elle intègre, dès sa création, la Communauté de Communes de la Vallée de la Vézère, qui a évoluée depuis en Communauté de Communes de la Vallée de l'Homme.

 

Personnalités liées à la commune

  • Marcel Secondat (1900-1994), né à Plazac le 16 janvier 1900, résistant et historien du Périgord.
  • Maurice Albe (1900-1995), graveur, peintre, illustrateur et céramiste.
  • Bernard Gay (1933-2008), humaniste, médaille d'argent de la Jeunesse et des Sports.
  • Thalie de Molènes, née le 16 novembre 1931 à PARIS, est une auteure de livres pour enfants, de romans et de nouvelles en langue française.
  • Ronald Chatelot, Comédien, peintre
  • Michel Chrétien, Responsable de l'Alliance Écologiste Indépendante (AEI), vice-président de "La France en Action" jusqu'en 2007.
  • Robert Delbary, Maire de Plazac de mars 1992 à mars 2014, Maire honoraire depuis, Médaille Militaire, Chevalier de l'Ordre National du Mérite